Le fondement présent du dialogue interreligieux

La pluralité religieuse fait craindre 2 choses : le relativisme, pour lequel tout se vaut, et d’autre part la grande braderie soldant la foi chrétienne. Comment penser la pluralité religieuse sans compromettre l’unicité de la médiation du Christ dans l’histoire du salut ? La question se pose : a-t-on affaire à une contingence de l’histoire ? ou à une décision du Créateur ?

Que dit l’Écriture ? La Genèse (Gn 11) relate la confusion des langues des bâtisseurs de la Tour de Babel, « Dieu répartit l’humanité sur toute la terre ». S’ensuit la con-vocation d’Abraham : « Par toi se béniront toutes les nations de la terre. » Cette bénédiction, médiatisée par Abraham qui unit la diversité de tous les clans, n’est-elle pas à caractère universel ?

D’autre part, la fête de Pentecôte (Ac 2) rassemble des foules venues de partout. Chacun entend, dans sa propre langue, les apôtres. L’unité s’opère. La diversité est intacte. Toute cette diversité de cultures unies dans l’écoute de la Parole, ne fait-elle pas écho aux nations dispersées bénies par Abraham ?

La théologie des religions a inauguré le déplacement de la problématique de la considération des religions, lorsque le développement scientifique de l'histoire des religions entraîna des théologiens protestants comme E. Troeltsch, A. Schweitzer, ou P. Tillich, à penser le christianisme en tenant compte positivement de l'existence des autres religions et de leurs prétentions à la vérité. Du côté catholique, la réflexion ouverte par P.-A. Liégé, H. de Lubac, ou K. Rahner, a abouti, in fine, à la déclaration Nostra ætate, en 1965.

À Assise, en 1986, la rencontre des religions a marqué l’engagement de l'Église catholique dans le dialogue. Il ne s'agit plus de savoir si des personnes peuvent être sauvées en dehors de leur appartenance à l'Église, mais de chercher à comprendre le rôle positif des religions en tant qu'institutions socio-historiques, dans l’histoire du salut.

Le fondement théologique du pluralisme religieux, qui légitime le dialogue interreligieux, développe l’idée que l’économie du Verbe incarné est le sacrement d’une économie plus vaste qui coïncide avec l’histoire religieuse de l’humanité. Depuis que le Verbe s’est fait homme, c’est le mystère du Christ, passé par la mort et la résurrection, qui a une portée universelle pour toute l’histoire humaine. L’histoire des hommes a pris sens avec l’événement pascal. La révélation historique, qui coïncide avec l’histoire du peuple d’Israël, trouve son achèvement avec l’histoire de l’Église qui s’affirme alors comme sacrement de cette révélation transcendantale, coextensive à l’histoire humaine.

C’est en insistant sur le paradoxe de l’incarnation, c’est-à-dire de l’union de l’absolument universel et de l’absolument concret, qu’on est en mesure de dés-absolutiser le christianisme comme religion historique, ni exclusive ni inclusive, et de vérifier son caractère dialogal.

La confusion de toutes les traditions gommerait les identités. La finalité du dialogue interreligieux c’est une meilleure intelligence de l’autre et de soi-même, entraînant une réconciliation respectueuse de la différence, « une pratique cordiale de l’altérité ». À chacun de puiser dans sa foi la source du respect de celui qui ne la partage pas.

Gérard Leroy

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