Paul et ceux de Corinthe

Quand en l’an 52 Paul quitte Athènes, en compagnie de Timothée et Silas, c’est pour rejoindre Corinthe, à trois jours de marche. La ville grouille de commerçants, de philosophes, d’une foule cacophonique, polyglotte. Corinthe compte alors un demi million d’habitants, esclaves pour la plupart, qui vouent un culte à la déesse Aphrodite. La ville doit sa prospérité à sa situation géographique et à ses deux ports. Les Corinthiens mènent une vie facile, de luxe, et de débauche pour les matelots avides de plaisirs. D’où l’expression péjorative : « vivre à la Corinthienne ».

Paul réside chez Prisca et Aquilas, un couple de juifs venu de Rome, converti. Paul est depuis peu métamorphosé. Son engagement auprès des pharisiens l’a introduit dans l’élite religieuse du judaïsme. Il exprime assez bien la rhétorique gréco-romaine, à l’instar d’un Cicéron ou d’un Quintilien. La Torah l’avait convaincu de refuser tout crédit à la croyance en un Messie crucifié. Ce ne pouvait être que superstition ! Mais alors, comment cet intellectuel a-t-il pu être retourné par ce Jésus ? La réponse est tout entière dans cette rencontre, en l’an 32, sur le chemin de Damas.

Paul va dès lors renverser la force de la Loi, en opposant la pure gratuité du don de Dieu à la Loi. Il conclura même que toute religion échoue dès lors qu’elle fait naître en l’homme l’illusion, pour obtenir le salut, que l’observance de la Torah suffit.

Paul passe 18 mois à Corinthe pour y annoncer l’Évangile, de 50 à 52. À près de 60 ans, il revient encore à Corinthe, et corrige sa mission, non pour gérer les crises, comme depuis 3 ans, mais pour annoncer l’Évangile jusqu’aux extrémités de la terre, donc pour les gens du bassin méditerranéen, jusqu’en Espagne.

Aux chrétiens de Corinthe Paul écrit, au printemps de l’an 56, voulant montrer ce qu’est une vie transfigurée par la foi, à commencer par la sienne, « l’avorton » (1 Co 15, 8). Au cœur de ce monde religieux imprégné d’hellénisme, Paul est un pasteur, affronté à des problèmes neufs et difficiles, notamment celui de l’acculturation de la foi chrétienne confrontée au paganisme. Il s’efforce encore d’apaiser les procès que se font mutuellement les communautés chrétiennes, remet de l’ordre dans la célébration, les assemblées liturgiques ; il condamne les désordres sexuels, légitime le mariage, et le célibat, résout les questions relatives aux viandes offertes aux idoles. Paul a le souci de tracer la voie qui conduit à faire régner la paix dans la communauté. De tous les dons spirituels accordés, Paul prêche la supériorité de l’amour dont il fait l’éloge au chapitre 13.

Sa seconde lettre aux Corinthiens livre sa réflexion sur le mystère du Christ. L’intérêt de cette lettre est de mêler étroitement événements humains et présence active du Seigneur. Il n’y a pas d’un côté un exposé de la doctrine et de l’autre une méditation sur la vie, mais un dynamisme qui unit étroitement la personne et l’action du Christ en la vie présente. Cette 2e lettre est par excellence l’épitre de l’apostolat.

En insistant, dans ces lettres sur l’unité d’action des trois personnes divines, Paul esquisse ce que conclura trois siècles plus tard le Concile de Constantinople à propos de la Trinité.

Gérard Leroy

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