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le Fort Rouge
Au cours d'un voyage culturel :
visite de Taormine en Sicile
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LE TEMPS DES LOISIRS
Le temps des loisirs, si l’on se réfère simplement
à l’étymologie du mot, est le temps pendant lequel on fait ce qui est permis. Le
dictionnaire Larousse explicite en définissant le loisir comme «le temps dont on
peut disposer en dehors de ses occupations ordinaires ». Prendre des loisirs, c’est
prendre de la distance par rapport à la vie quotidienne, surtout face à ce que celle-ci
peut comporter de contraignant.
TEMPS DE L'ÉVASION ET NON DU VIDE
Le temps des loisirs a souvent été considéré comme
le temps de l’évasion, voire du vide. Le désir de « faire le vide » est bien légitime
après une année de travail, de charges et de soucis. Mais le vide ne comble pas
! Nombreux sont les voyageurs qui, souvent sans trop oser se l’avouer, reviennent
insatisfaits après un temps de loisirs qui s’est révélé décevant parce que futile
ou dépourvu de sens. Nombreux sont les voyagistes qui suscitent l’attrait pour leurs
propositions par l’exploitation exacerbée du légitime désir d’évasion, apportant
l’illusion du rêve et la désillusion de l’ennui.
EN VACANCES DE NOUS-MÊMES
La culture vient à propos pour combler le vide dont,
on le sait, la nature a horreur. La culture a de nombreuses affinités avec le loisir
: elle ne peut être de l’ordre de l’obligatoire et encore moins de la contrainte.
Elle n’est pas nécessaire pour subsister comme le travail est indispensable pour
vivre. Elle apporte de la distance par rapport aux contingences de la vie ordinaire.
Elle offre de la détente, de l’évasion, du plaisir. Elle nous décentre de nous-mêmes
et par là nous libère de l’étroitesse de nos préjugés. La culture nous met en vacances
de nous-mêmes en nous offrant tout le loisir de nous émerveiller de la création
de l’autre. La culture nous extrait de notre isolement pour nous mettre en relation.
Le loisir culturel est sortie de soi, il est au sens propre une extase.
CULTURE ET LOSIRS : UNE SINGULIÈRE PARENTÉ
Culture et loisir, même si nous y consacrons une part
non négligeable de notre budget, sont de l’ordre de la gratuité. On tire d’autant
plus de profit de l’un et de l’autre qu’on n’en attend rien de précis. On ne se
rend pas avant tout dans un musée pour être plus savant, on le visite pour contempler
et la contemplation fera son œuvre en nous à la mesure de la gratuité, de l’ouverture
d’esprit et de la générosité avec laquelle nous laisserons les œuvres nous impressionner.
On ne part pas d’abord en vacances pour faire une destination de plus et épater
nos amis par nos films, photos et comptes-rendus de voyage, on prend des loisirs
pour se laisser refaire par la grâce des lieux qui nous accueilleront et des hôtes
qui nous recevront.
Hubert Debbasch
© Article publié dans la revue Azur Informations, été 2007
Le sens du voyage
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