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Les conversions
du Chemin de pèlerinage
Sommaire des pèlerinages - Programme de chaque pèlerinage
Ce texte reprend l'intervention d'Hubert Debbasch, PDG de Terre Entière
pour le XXe anniversaire du Programme des Itinéraires culturels du Conseil de l'Europe.
Ce colloque s'est tenu au Puy-en-Velay, du 27 au 29 septembre 2007. Des Actes publieront
l'ensemble des interventions.
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I. Saint-Jacques de Compostelle et la conversion du
Chemin |
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Voici vingt-cinq ans, je suis allé à Saint-Jacques
de Compostelle à bicyclette en partant du Sud-Est de la France. L’année sainte de
1982 était proche, mais nous n’y étions pas encore. Plus loin encore se profilait
la Déclaration qui, dans la capitale religieuse de l’Espagne, fondait le programme
des itinéraires culturels. Pour le dire autrement, le pèlerinage vers Santiago n’était
pas encore « à la mode », peu de monde le connaissait et rares étaient les pèlerins
qui le parcouraient. Sous la canicule du mois d’août, je n’ai rencontré que quelques
marcheurs et la générosité de l’accueil que nous réservaient les habitants du chemin
était possible parce que nous étions fort peu nombreux.
On ne peut pas dire que les pèlerins étaient majoritairement
religieux ou croyants à cette époque et que la plus grande partie d’entre eux ne
le serait plus aujourd’hui. Comme il serait purement idéaliste de croire que les
pèlerins du Moyen Age étaient tous habités par la foi. De nombreuses études érudites
ont montré chez les pèlerins de cette époque des mobiles extrêmement variés ; même
les brigands fréquentaient assidûment des routes sur lesquelles les marcheurs n’étaient
pas tous dépourvus de richesses… Toutefois, le chemin se convertit à la mesure de
sa notoriété et de sa fréquentation. Ce qui était autrefois un chemin de conversion
devient aussi un chemin qui se convertit. Son sens et sa portée évoluent. Il reste
un lieu de prédilection pour les chercheurs de Dieu mais nombreux sont celles et
ceux qui y cherchent autre chose, parfois tout sauf Dieu, et c’est bien leur droit.
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II. L’évolution du pèlerinage |
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Saint-Jacques de Compostelle reste l’une des grandes
destinations de pèlerinage en Europe et elle est même universelle. Ce caractère
permet de rapprocher la démarche de pérégrination vers la ville de Galice de celle
qui conduit les pèlerins vers d’autres grands sanctuaires à travers le monde. Pour
le dire autrement, l’évolution générale de l’acte de pèlerinage devrait permettre,
au moins en partie, de comprendre les mutations du pèlerinage vers Compostelle.
Il ne s’agira pas ici de proposer une étude sociologique poussée de cette évolution,
mais de citer quelques tendances qui ne peuvent échapper au regard de l’organisateur
de voyages culturels et de pèlerinages.
Un retour du religieux ?
En voyant des foules fréquenter certains chemins de
pèlerinage, d’aucuns, citant assez rapidement une phrase bien connue et très largement
interprétée d’André Malraux, proclament haut et fort que le XXIe siècle s’annonce
religieux, préférant cette solution à un siècle qui n’existerait pas . Mais le retour
du religieux dans nos pays occidentaux est plus que discutable. Les églises se vident,
les prêtres se font rares et la simple culture chrétienne se dissipe chez les jeunes
générations comme une brume sous l’ardeur du soleil. L’attrait pour un certain nombre
de sagesses plus exotiques que le christianisme, les quelques manifestations de
foule pour de grandes occasions comme les Journées Mondiales de la Jeunesse ou l’attrait
pour l’ésotérisme du Da Vinci Code et d’autres livres de la même veine ne proclament
en aucune manière un retour du religieux ; ils sont parfois au contraire les signes
d’un religieux sur le retour.
Dans les derniers mois, plusieurs radios et chaînes
de télévisions nous ont contacté avec une question le plus souvent similaire précédée
d’une affirmation : « Il y a un retour du religieux, le sentez-vous dans les pèlerinages
que vous organisez ? Y a-t-il aujourd’hui plus de monde qui part en pèlerinage ?
». La réponse à cette question est d’autant plus délicate qu’elle s’appuie, à nos
yeux, sur une prémisse discutable. Pourtant, le pèlerinage, à défaut d’attirer plus
de monde qu’il y a quelques décennies, attire du monde et n’attire pas exactement
le même monde qu’autrefois.
Une Église pérégrinante, moins prescriptrice et plus accompagnante
Le concile Vatican II, au lieu d’insister sur la démarche de pèlerinage
comme l’une des formes de piété du Peuple de Dieu, a préféré mettre en valeur le
pérégrination de l’Église elle-même :
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Jusqu’à l’heure où seront réalisés les cieux nouveaux et la nouvelle terre (Cf.
2 Pierre 3, 13), l’Église en pèlerinage porte dans ses sacrements et ses institutions,
qui relèvent de ce temps, la figure du siècle qui passe ; elle vit elle-même parmi
les créatures qui gémissent présentement encore dans les douleurs de l’enfantement
et attendent la manifestation des fils de Dieu.
Concile œcuménique Vatican II, Lumen Gentium VII, 48
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Tout en proclamant l’aspect passager de ses institutions, l’Eglise
ne s’est pas privée de faire du pèlerinage lui-même une institution. En France,
ceci continue de se manifester par l’existence, dans chaque diocèse, d’une direction
des pèlerinages. Les directeurs de pèlerinages ont souhaité eux-mêmes se fédérer
en une association, l’ANDDP . Cette dernière ne bénéficie pas à proprement parler
d’une reconnaissance ecclésiale mais elle témoigne d’une volonté tout à fait compréhensible
d’organiser, de structurer et plus encore de prescrire les pèlerinages. D’une manière
positive, cette organisation se traduit par des propositions de pèlerinages diocésains
et, de plus en plus souvent, inter-diocésains dans la mesure où une direction prend
conscience qu’elle ne réussira plus à fédérer un effectif suffisant de pèlerins
sur son seul territoire. D’une manière négative, le rôle prescripteur de ces institutions
se traduit par une volonté de contrôle de toute initiative de pèlerinage. Il n’est
pas rare, jusqu’à nos jours, de voir un prêtre de paroisse ou un groupe de fidèles
se faire rappeler à l’ordre par l’institution fâchée de ne pas avoir été consultée
avant une initiative de pèlerinage. On lit dans la Charte des pèlerinages, texte
fondateur de l’association nationale des directeurs diocésains de pèlerinage, la
déclaration suivante :
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Pour des raisons tant pastorales que légales, les prêtres ou les responsables d'institutions
ecclésiales (paroisses, mouvements, écoles, etc...) qui organisent des pèlerinages
à leur niveau de responsabilité, doivent soumettre leur projet au directeur diocésain
et obtenir son accord. Faute de cet accord, le diocèse ne reconnaîtra pas ce pèlerinage,
avec les conséquences légales que cela comporte.
ANDDP, Charte des pèlerinages
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On peut comprendre les conséquences pastorales que peut avoir
l’organisation d’un pèlerinage sans la concertation avec un directeur diocésain.
Il est en revanche plus difficile d’imaginer des conséquences légales. La loi française
exige en effet que tout voyage de groupe soit organisé par une agence titulaire
d’une licence délivrée par l’État. Dès lors que les fidèles confient l’organisation
de leur pèlerinage à une agence qui satisfait aux nombreuses exigences réglementaires,
ils n’auront pas à supporter de « conséquences légales » de leur initiative. En
revanche, il n’est hélas pas rare de voir des directions diocésaines, titulaires
d’un agrément limité et non d’une licence, organiser par elles-mêmes des pèlerinages
vers des destinations lointaines sans l’appui d’une licence. Les conséquences légales
peuvent alors être redoutables.
Prescriptrice, l’Église le reste évidemment mais elle devient
plus que jamais accompagnante. Cette mission se manifeste dans l’accompagnement
pastoral mais aussi par l’accompagnement du pèlerinage dans son chemin de conversion.
L’accompagnement pastoral
Si on a fréquenté des hauts lieux de pèlerinage, une image vient
facilement à l’esprit : celle d’un évêque, pasteur du troupeau, en tête du cortège
des pèlerins qui sillonnent la Via Dolorosa à Jérusalem ou, sur la place Saint-Pierre
de Rome, présentant au Saint Père ses fidèles, eux-mêmes représentant le diocèse
tout entier en pèlerinage par la médiation du groupe. L’image n’est pas désuète
mais elle n’exprime aujourd’hui qu’une petite partie de la réalité des pèlerinages
chrétiens. L’évêque, sollicité par de nombreuses tâches administratives et pastorales,
n’accompagnera pas tous les pèlerinages de son diocèse. Le directeur des pèlerinages,
sauf s’il est laïc et c’est de plus en plus souvent le cas, pourra alors remplir
l’office ou alors il déléguera cette mission à un prêtre disponible et si possible
compétent. Mais l’Église institutionnelle et ses ministres sont de plus en plus
souvent sollicités pour l’accompagnement de pèlerinages dont ils n’ont pas eu l’initiative
première, celle-ci venant pourtant toujours de l’Église mais par le biais de ses
membres laïcs. C’est le cas pour des groupes bibliques, des associations de fidèles
et c’est aussi notre expérience de voyagistes organisant des pèlerinages dans le
monde entier.
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III. L’accompagnement du pèlerinage dans son chemin
de conversion
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Le pèlerinage se convertit, il change de formes et d’expression.
Consciente du risque majeur qu’elle pourrait encourir à ne pas manifester sa présence
dans ce chemin de conversion, l’Église trouve des moyens pour l’accompagner.
Sur la route de Saint-Jacques de Compostelle, des lieux emblématiques
renaissent et des sanctuaires presque oubliés sont remis en valeur par des autorités
civiles, des comités de tourisme, des associations ou tout simplement quelques hommes
et femmes passionnés qui redonnent la vie à une histoire et à un patrimoine jacquaires
tombés dans l’oubli. Bien souvent, l’Église n’est pas à l’origine de cette renaissance
mais elle va tenter de la saisir, de rappeler son empreinte d’hier et de mettre
sa marque pour le pèlerin d’aujourd’hui. A Vézelay ou au Puy-en-Velay, autorités
municipales et ecclésiastiques se partagent les rôles pour accueillir le pèlerin
d’un jour que l’on préfère toujours voir rester plus longtemps. Des communautés
monastiques anciennes ou nouvelles s’établissent dans certains de ces hauts lieux
et proposent aux voyageurs les bienfaits d’un moment de retraite et de ressourcement.
D’une manière plus nouvelle, l’Église essaye de montrer l’enracinement
biblique et le sens spirituel des nouvelles formes de pèlerinage : la marche, le
séjour au désert, l’aventure et même le sport sont l’objet de nouvelles investigations
par des pasteurs et des théologiens. Plus profondément, l’Église qui se reconnaît
elle-même de passage dans son existence et sa réalité terrestres tente d’appréhender
le voyage lui-même, et plus seulement le pèlerinage, dans sa valeur et son sens
spirituels. Toutefois, il me semble important de continuer à distinguer le pèlerinage
de toute autre forme de voyage, y compris du voyage culturel.
Le pèlerinage, une forme de voyage
En soi, le pèlerinage n’est qu’une forme de voyage et ceci n’a
rien de péjoratif. Les formes du voyage sont multiples et le pèlerinage en est une,
peut-être l’une des plus anciennes au monde. Le pèlerinage est un voyage vers un
lieu saint dans un esprit de conversion. On peut contester une telle définition.
Si l’on met à part l’acception purement profane du mot utilisée par exemple pour
parler du pèlerinage que l’on fait sur les traces de ses parents ou d’un être cher
disparus, le mot définit un voyage rituel. S’il est vrai qu’«on voyage pour voir
le monde », comme le disait déjà l’historien Hérodote au Ve siècle, on part en pérégrination
pour voir plus loin, au-delà de ce monde. Dès lors, le mot « pèlerinage », même
s’il n’appartient à personne et bien que son sens continue d’évoluer, ne gagne pas
à être employé pour définir un voyage qui exclut le sacré.
Les voyages vers des lieux de pèlerinages
Pour accompagner le pèlerinage dans sa mutation et le respecter
dans son sens le plus profond, il paraît nécessaire de distinguer sans pour autant
opposer la démarche pèlerine de tout autre voyage, même quand celui-ci se donne
pour but une destination de pèlerinage. Chez Terre Entière, la nécessité de la distinction
et du respect absolu de chaque démarche s’est imposée avec le temps et voici comment
nous l’avons résolue à ce jour, en prenant pour exemple les trois grandes destinations
médiévales de pèlerinage : Rome, Saint-Jacques de Compostelle et Jérusalem.
Dans l’histoire de l’entreprise qui proposait dès ses commencements
différents types de voyages, chacune de ces villes était uniquement ou avant tout
proposée comme destination de pèlerinage. Bien entendu, nombreux sont les voyageurs
à s’être inscrits à l’un de nos programmes sans avoir une intention manifeste de
vivre un pèlerinage ni d’accomplir une démarche religieuse. Mais l’adhésion de tous
se portait clairement sur la base d’un itinéraire spirituel. Toutefois, l’évolution
des mentalités et la demande croissante d’une partie de notre clientèle de découvrir
ces mêmes lieux dans une approche purement culturelle nous a conduits, avec succès,
à proposer des voyages culturels vers chacune de ces destinations. Ceci permet aux
pèlerinages de garder leur identité, même si celle-ci évolue comme on l’a dit. Et
ceci permet à un très grand nombre de découvrir des hauts lieux sans présupposer
de leur part une démarche croyante.
En répondant au légitime désir de connaître des hauts lieux de
la foi sans avoir « les yeux de la foi » , on se heurte rapidement à un écueil :
comment aider des voyageurs à découvrir des sites édifiés dans la foi et ne cessant
de la rappeler sans les aider aussi à connaître le contenu de cette foi ? La question
n’est plus celle de l’adhésion et encore moins de la pratique. Il s’agit simplement
de culture religieuse. Il apparaît en effet difficile de découvrir en profondeur
un lieu sacré sans connaître un minimum de la foi qui a présidé à sa création et
à son histoire. Le problème est d’autant plus redoutable en France que, dans la
ligne de la Révolution puis de la crise de la Séparation, nombreux sont ceux qui
ont confondu laïcité et distinction des domaines, non adhésion et mépris ou refus
systématiques du spirituel et du religieux. Ceci peut donner lieu à des exercices
de rhétorique par lesquels un lieu de pèlerinage est présenté dans un déni total,
entre autres par le silence, de la foi qui l’a fondé. On rencontre aussi, bien que
plus rarement, des tentatives de dénigrement de toute démarche religieuse qui, pour
étayer leur propos, vont faire appel d’une manière univoque aux heures les plus
sombres de l’histoire de l’Église ou à tel contre-exemple présenté comme l’élément
le plus significatif. Pourtant, il ne semble pas rédhibitoire que des individus
ou des groupes se rendent dans tel lieu de pèlerinage sans aucune connaissance des
réalités humaines et de la mémoire qu’il porte. Des documents mis à disposition
dans les sanctuaires pour former et expliquer, et plus encore la transmission vivante
par des guides et accompagnateurs permettront au visiteur d’avoir les clés pour
comprendre. La démarche du pèlerin et celle du voyageur ne s’opposent pas mais elles
s’unifient dans leur commune destination. En ce sens, Terre Entière propose désormais
deux manières de découvrir les trois grands centres de la tradition pèlerine médiévale
: le voyage culturel et le pèlerinage. Chacun choisit selon ses options fondamentales
ou ses dispositions du moment une voie d’accès au patrimoine qu’ils recèlent et
à l’héritage qu’ils transmettent.
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IV. Le contenu culturel de tout pèlerinage |
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Le chemin se convertit. L’un des aspects les plus
intéressants de cette conversion réside dans la prise en compte de plus en plus
vive du caractère culturel des hauts lieux, y compris dans la démarche du pèlerin.
Toute stigmatisation serait excessive. On ne peut pas dire que les pèlerins d’hier
méprisaient totalement les aspects culturels, sociologiques et humains là où le
divin avant tout est recherché.
Les grands pèlerins des différentes traditions croyantes
étaient le plus souvent des observateurs attentifs et la relation de leurs pérégrinations
sert encore d’appui aux recherches les plus scientifiques. Il suffit de penser aux
renseignements très précieux que nous donne Egérie à la suite de son voyage en Terre
Sainte . Plus proche de nous, Charles de Foucauld n’a pas seulement adoré Dieu sous
le ciel étoilé du Hoggar ; il a passé des années à fréquenter les Touareg et rédigé
le premier dictionnaire français de leur langue. Les exemples abondent pour montrer
la forte présence de la culture profane au cœur même du pèlerinage. La ville de
Rome en est peut-être l’illustration la plus éloquente. Les édifices chrétiens de
la capitale de l’Empire n’ont pas toujours méprisé leurs fondations étrusques ou
romaines mais ils les ont souvent employées et converties. Les plus grands architectes
et peintres qui ont dessiné les églises romaines étaient heureusement choisis en
fonction de critères de compétence plutôt que de foi, ce qui nous permet de contempler
encore aujourd’hui des chefs d’œuvres qui choquent certains par leur opulence, qui
nous émerveillent tous par leur grandeur et leur noblesse. Pourtant, il reste dans
l’inconscient collectif une image obscurantiste du pèlerinage, celui-ci étant suspecté
de nier les réalités culturelles les plus fondamentales. Cela vient probablement
d’une conception très piétiste du pèlerinage qui, pour être authentique, devrait
négliger ou mépriser tout ce qui l’entoure, laissant les yeux du voyageur rivés
sur Dieu seul.
Le pèlerinage se convertit, mais tous les pèlerins
n’ont pas encore totalement abandonné ce radicalisme qui peut conduire à un aveuglement.
Tout pèlerinage, par son caractère humain, se doit de rendre hommage aux multiples
facettes de l’humanité qui a forgé les lieux visités. Plus profondément, l’intégration
de tout ce qui est humain dans une démarche pèlerine conduit à ce que Jacques Maritain
appelait l’humanisme intégral, loin de tout intégrisme et de tout totalitarisme.
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